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dbonnet.sud
04 mai 2020
In Culture photo
✏️: nouveauté ✅Les valeurs sûres du XIX et du XXème : - 🚺Focus sur Gisèle Freund, témoin du XX° - portraits emblématiques.(1908-2000) - ✏️Focus sur Pierre Jamet, et la France des C.L.A.J. de 1937 (1910-2000) - 🚺Helen Lewitt, Observatrice des rues de N-York. (1913-2009) - 🚺Dans l'ombre d'une lumière : Alice Springs (1923-) - 🚹Focus sur Robert Frank, un photographe en liberté.(1924-2019) - 🚺Focus sur Sabine Weiss, dernière représentante de l'école humaniste.(1924-) - 🚹Jean Claude Gautrand est mort (1932-2019) et ses "galets". - 🚺Dans l'ombre de Cartier-Bresson : Martine Franck (1938-2012) - 🚺Focus sur Susan Meiselas et sa série "Carnival Strippers”.(1948-) - ✏️Dans l'ombre d'elle même : Francesca Woodman , femme et fantôme (1958-1981) ✅Des émergeant(e)s du XXI ème : - ✏️Gilbert Garcin, "le papi de Marseille", artiste surréaliste (1929-2020) - Street Photography Awards 2019 : quelques finalistes de cette compétition - 🚹à propos d'Iraklis Kougemitros, finaliste grec du Street Photo Awards - 🚹à la découverte d'Arty Mad : plasticien photographe et sa série "SOLO" - 🚹à la découverte de Deniz Çakmur, sur les bords de la Baltique. - 🚹à la découverte d'Eric Droussent, disciple de Chéma Madoz. - 🚹à la découverte de William Ropp, sculpteur d'ombres et révélateur de l'intime - ✏️À la découverte de Claudia Masciave, l'hyperactive - ✏️Rencontre : John Wilhelm is a photoholic ! à consommer sans modération. - 🚹Rencontre : Νικόλαος Αλιάγας, et ses séries "âmes grecques" ... - 🚺interview avec Gulnara Samoilova, photographe d'art et de rue. ©street photo. mag. - 🚺Rencontres d'Arles 2019 avec Valérie Belin (vidéo TV5Monde) - 🚹Roger Ballen , photographe sud-africain d'origine américaine. (photos et vidéo) - 🚹Pause photographique d'Olivier Rollet ---> (vidéo Arte jusque fin mai 2020) ✳️Les trucs, astuces, tutos et liens : - La photo de rue par L. Breillat - notes sur la Street Photography - Procédés anciens ou procédés alternatifs par Jipé - "L'art de l'éclairage" par Jean Turco (extraits) - Quelques conseils pour photographier en basse lumière par T. Hall - Des liens vers des " Poses longues " par Gilbert - Qu’est-ce qu’une bonne photographie ? par Ph. Litzler - OPENEYE - 2018 - Six conseils de Robert Frank pour faire de grandes photos (secrets de fabrication) - Des liens vers des sites "photos" : apprentissage, tutos, espaces ressources
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dbonnet.sud
04 mai 2020
In Culture photo
Claudia Masciave est indéniablement une hyperactive ! Claudia ne passe pas inaperçue, n’hésitant pas à choisir ses couleurs dans des tonalités très saturées. Attiré par cette lumière singulière, le spectateur s’approche, reçoit alors le message, et peut entrer en résonance, car Claudia explique comment utiliser la photographie pour « s’interroger, dénoncer, s’exprimer ». (1) Claudia Masciave est une artiste pluridisciplinaire franco-brésilienne, âgée de 36 ans. Déterminée, curieuse et spontanée, elle l'a toujours été. Elle se considère comme une exploratrice de l’existence, par caractère et par la force des choses : une enfance passée loin de ses parents dans la forêt Amazonienne, un départ pour des études à Manaus à l'âge de 15 ans. A l’âge de 22 ans elle part sans destin en quête de l’essence de son identité. Après quelques années d’errance, c’est à Grenoble, en 2011 qu’elle trouve sa place. Son processus d’intégration, pas sans obstacles, lui a permis de prendre du recul sur son histoire afin d’élaborer de nouvelles expectatives pour son avenir. Comme elle l’exprime « j’ai dû renoncer à mes passions autodestructrices. Elle m’apportait la jouissance, mais elles me tuaient en même temps ». Obsédée par des thématiques comme le réel, la vérité et l’absolu ; elle fait d’incessantes recherches autodidactes dans les disciplines qui la passionnent telles que la philosophie, psychologie, sociologie et la nature de l’art, synthétisant en images figées ou dynamiques ses questions et son interprétation du monde. © Claudia Masciave - "Egalité" © Claudia Masciave - "Le consumérisme" Créative et spontanée, armée de son appareil photo Claudia se met en scène pour jouer avec les formes, les couleurs, les symboles, pour leur donner du sens, comme des poèmes imagétiques.(2) Ce qui la pousse à créer ses images, c’est « une inquiétude incontrôlable, une curiosité oppressante, des hurlements d’existence ». Le cancer, l’addiction, les dictats oppressants de notre société, les maltraitances, notre relation aux autres, sont autant de sujets forts symbolisés dans la série (en cours) «À la recherche de l’objet perdu ». © Claudia Masciave - "Dictature de la beauté" © Claudia Masciave - "Femme battue" © Claudia Masciave - "Cancer du sein" La photographe se met en scène avec originalité et créativité, en nous proposant son interprétation du monde. Ses images ont une touche picturale et minimaliste, les couleurs vives révèlent le trait joyeux de son essence et en même temps apaisent le côté parfois angoissant des sujets abordés. Insatiable et subversive, elle utilise la photographie comme thérapie pour sublimer ses complexes. Claudia parle beaucoup de philosophie, de psychologie, de spiritualité, de la noirceur de l’âme, d’elle-même et des femmes, elle cultive le goût immodéré pour l’exploration de la condition humaine et délivre son message créatif. © Claudia Masciave - "Désir" © Claudia Masciave - "Solidarité" Ses photos ont une touche picturale et minimaliste. Les couleurs vives mélangées aux pastels révèlent le trait joyeux de sa personnalité et apaisent le côté parfois angoissant des sujets abordés. « J’utilise la photographie comme un moyen d’organiser mes idées, de synthétiser ce que j’apprends, d’exprimer mes sentiments, et de dévoiler les plus profonds mystères de mon âme ». © Claudia Masciave - "Alzheimer" © Claudia Masciave - "Sans destin" « Aujourd’hui, j’affiche une approche conceptuelle de la photographie, elle est un support que j’emprunte et que je vous cède afin qu’ensemble nous puissions nous trouver réponses aux questions existentielles propre à l’humanité » (3) © Claudia Masciave - "Émotion- Sentiment et raison" Son travail questionne notre société et invite à un retour à l’être humain dans son essentialité. ---------------------------------------------- Claudia Masciave était présente en Arles en juillet 2018 (Master Class) et aux rencontres de la photo à Chabeuil (26) en sept 2018. C. Masciave lors de sa Master Class, Arles, juillet 2018 Crédits et sites : ------------------------------------------ (1) : http://www.lelitteraire.com/?tag=claudia-masciave (2) : http://www.claude-samuel.com/author/claudia-masciave/ (3) : https://www.synapsie.com/u/claudia/ http://confrontations-photo.org/2018-claudia-masciave/ https://www.instagram.com/claudia_masciave/ https://fr-fr.facebook.com/claudiamasciavecreatricedimages/ pages 50 et ss du n° 9 d'Openeye : https://fr.calameo.com/read/00514340575dd1d6cf5f5
À la découverte de Claudia Masciave content media
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dbonnet.sud
04 mai 2020
In Culture photo
C'est une photographe qu'on peut appeler l'ange de la photographie, à la fois à cause du titre de son unique livre, et de sa fin tragique et prématurée. © Woodman - "One being an Angel" Francesca Woodman (avril 1958 – janvier 1981) est une photographe américaine célèbre pour ses clichés en noir et blanc dans lesquels, souvent, elle pose. Elle possède un univers particulier, étrange, onirique, subjectif, qu’elle sait transcrire dans ses photographies, comme dans autant de miroirs. © Woodman - Angel Series - Roma , sept1977 Par son travail profondément intime et sensible, fondé sur l’exploration perpétuelle du soi et du médium, elle fait de la photographie sa seconde peau. Francesca Woodman a quasi exclusivement utilisé son corps dans ses images, « C'est par commodité, ainsi je suis toujours à portée de main », explique-t-elle, quand l’urgence de la représentation se manifeste. © Woodman - "One being an Angel" Malgré sa disparition prématurée à l’âge de vingt-deux ans, Francesca Woodman laisse une impressionnante production visuelle. Ses photographies dévoilent de multiples influences allant notamment du symbolisme au surréalisme mais sa précocité est prodigieuse. Son travail est souvent comparé à celui des surréalistes tels que Hans Bellmer et Man Ray. C'est une météorite qui a traversé le ciel de l'histoire de la photographie. Francesca Woodman explore sa propre image mais son impétueuse imagination la mène également vers des réflexions sur la technique photographique. Ses mises en scène à l’intérieur de pièces dépouillées, l’apparition fantomatique du corps au milieu d’espaces en décrépitude, de maisons sur le point d’être démolies dépassent le strict genre de l’autoportrait. Les accessoires et mises en scène tendent vers des influences surréalistes assumées, verres, miroirs, peinture écaillée, papier peint déchiré. space providence - rhode island,1975-1978 space providence - rhode island,1976 Elle enrobe souvent ses sujets dans des draps blancs, prélude à leur passage en fantômes. Francesca Woodman devient à la fois femme et fantôme s’incrustant dans le mur, dans le papier peint, dans nos consciences. «Je pourrais être un fantôme, un animal ou un cadavre, pas seulement cette fille debout au coin…? " FW Dans son appartement dévasté, vide, avec ses murs écaillés, surgit une présence, un fantôme parfois, le fond d’elle-même toujours. Son corps transfigure et transforme des lieux lugubres. Elle est présente tout en y étant pas. Présente et absente, femme et fantôme. © Woodman - flashart, 1978 Le corps quant à lui est trituré et fragmenté jusqu’à se fondre dans son environnement et soulever des questions sur la métamorphose ou le genre. Ces images insolentes, déroutantes et d’une d’une rare intensité évoquent l’éphémère, la fugacité du temps. Elle se vêt de sa nudité, et sa peau est sa parure. Mais elle ne se montre souvent qu’à peine, partiellement recouverte par des objets, des pans déchirés de papier, des ombres, et une lumière souvent aveuglante. "Vous ne pouvez pas me voir, d'où je me regarde" FW © Woodman - "La beauté" Elle semble fantomatique, car utilisant de très longues expositions, elle joue sur le flou. Et souvent sa présence au bord du cadre fait penser à une apparition. Son inquiétante précocité, sa beauté fuyante, son impudeur et sa pudeur extrême à la fois, montrant son corps nu et le dérobant sans cesse, sa fin tragique surtout, ont tissé cette légende de la photographie qu’est devenue F. Woodman. Son œuvre ne ressemble à nulle autre et son art photographique rend la photographie irréelle. Elle demeure solitaire et douloureuse, étrange comme un astre noir lointain, toujours incandescent, elle qui fut presque inconnue de son vivant. "One being angel", (celle qui voulait être un ange), titre d’une de ses séries d’images, Francesca Woodman l’a accompli, et a donc fait le saut de l’ange. Cette mer où renaître sera pour Francesca Woodman l’autre côté du miroir, et elle s’y est jetée en se défenestrant de son loft new-yorkais à 22 ans, le 19 janvier 1981. Jouant avec ses formats carrés de son Yashica 6x6, elle met en scène d’étranges images surréalistes où le temps s’arrête, pris dans le filet des très longues expositions. Ses photographies sont presque toutes en noir et blanc et dépeignant un monde figé, retiré hors du temps, que le monde moderne n’atteint pas. "Les choses du réel ne me font pas peur, seulement celles qui sont au fond de moi" FW Woman with a Large Plate, 1978 "From The Angels" Series ------------------------------- Rapide bibliographie : "searching for the real F. Woodman" Originaire d’une famille d’artistes, Francesca Woodman étudie à partir de 1975 à la Rhode Island School of Design (Providence), puis séjourne à Rome de 1977 à 1978. Inspirée par les sculptures baroques, elle développe le thème de l’ange dans sa photographie On Being an Angel (1977-1978). Sa première exposition personnelle a lieu en 1978. À la fin de ses études, elle part pour New York où elle travaille provisoirement comme modèle et assistante de photographe, puis participe à diverses expositions collectives. Elle se lie d’amitié avec le collectionneur d’œuvres surréalistes Timothy Baum. Ses photographies entretiennent des liens étroits avec la photographie surréaliste, comme les jeux de déformations du nu féminin, le recours aux objets trouvés, le penchant pour les intérieurs délabrés. En janvier 1981, elle publie un premier livre d’artiste, Some Disordered Interior Geometries. F. Woodman s’est presque exclusivement mise en scène. Son corps fait souvent l’effet d’un fragment ou d’une apparition fugitive, suggérant le transitoire. Ses Photographies sans titres (1975-1976) la figurent jouant avec des miroirs pour démultiplier le mouvement et l’effet illusoire de l’image. Fascinée par la transformation et la perméabilité des frontières considérées comme figées, la jeune femme illustre dans son œuvre le moment délicat entre adolescence et âge adulte, la présence et l’absence. Alors qu'elle est soignée pour une dépression, elle se suicide en janvier 1981, à l’âge de 22 ans, en se défenestrant de son appartement new-yorkais de l’East Side. "One being an Angel" La Fondation Cartier et les Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles ont été les premiers à lui consacrer une rétrospective en France, en 1998. ------------------------------------------------------ © Le copyright de toutes les images de Francesca Woodman appartient à George et Betty Woodman. Ce papier est issu des publications de : - Sixtine de Saint-Léger / Extrait du Dictionnaire universel des créatrices / © 2013 Des femmes – Antoinette Fouque : https://awarewomenartists.com/artiste/francesca-woodman/ - Gil Pressnitzer pour https://www.espritsnomades.net/arts-plastiques/francesca-woodman-la-photographie-comme-actes-de-disparition/ Autres crédits : ------------------------------------------------------ http://www.artnet.fr/artistes/francesca-woodman/ https://www.henricartierbresson.org/expositions/francesca-woodman/ https://www.wikiart.org/fr/francesca-woodman/untitled-3 https://www.youtube.com/watch?v=SXfRQggpC5c (2:35 min)
Dans l'ombre d'elle même : Francesca Woodman, femme et fantôme content media
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dbonnet.sud
30 avr. 2020
In Culture photo
Il crée des photos fantaisistes de ses enfants, et le résultat est de la pure magie Ce Suisse de 50 ans n’est pourtant pas photographe professionnel. Pour vivre, il enseigne l’informatique à l’institut zurichois de formation des maîtres, mais se décrit comme «photoholic». Une addiction qu’il a développée, dès l’enfance, auprès de son père, lui aussi photographe-amateur très expérimenté. En 9 ans, John a affiné sa patte, travaillé les contrastes. Ses images sont donc belles, léchées évidemment, mais ce qui fait surtout leur succès, c’est la malice qui s’en dégage. Père de 4 enfants, il les met en scène dans des montages photographiques désopilants, loufoques ou poétiques, pour leur plus grand bonheur et le nôtre! PAPA-RAZZI Ses 3 filles, Lou, Mila et Yuna, son petit garçon, Nio et sa complice de toujours, Judith, sont ses modèles fétiches qu'il met dans des situations toutes plus surréalistes les unes que les autres, leur faisant vivre des aventures aussi fantastiques que déjantées. «Je suppose que j'ai regardé un peu trop la télévision et trop joué aux jeux vidéo quand j'étais un gamin», nous explique ce papa geek qui s'assume. Rencontre «Je m'appelle John Wilhelm. Je suis né en 1970 à Winterthur, en Suisse, où je vis toujours avec ma femme, nos trois filles et notre fils, et beaucoup de matériel photo. La photographie a toujours été importante dans ma vie. Mon père était un photographe amateur passionné et j'ai donc grandi dans un environnement d'appareils photo, de magazines, d'objectifs, de sacs photo, de chambres noires et de mariages amusants. PÈRE-SONNELLEMENT À l'époque, en 2011, je n'étais pas très enthousiasmé par l’argentique, la chambre noire et les processus de développement et je traversais alors une sorte de crise photographique… Je voulais faire quelque chose de nouveau ou arrêter totalement. C’est là que je suis tombé sur les photos de l’artiste allemand Uli Staiger (ndlr : des cieux toujours chargés, avec des jeux de lumière et un petit côté futuriste) et j’ai tout de suite su que je voulais aller dans ce sens-là. L'importance de la photographie s'est transformée en joie lorsque j’ai tenu mon premier appareil photo numérique entre mes mains. L'incendie est déclenché et un long voyage a commencé - un voyage à travers de nombreux systèmes d’appareils photo, des techniques, des expériences et enfin des produits logiciels. J'ai décidé de franchir la frontière de la photographie simple. Je suis entré dans le monde de Photoshop. C’est la meilleure chose que je n’ai jamais faite (après ses enfants avec sa femme) ! Maintenant, la photo est devenue une passion totale … il m’est possible de réaliser tout ce que j’ai en tête. Mais attendez… il manquait quelque chose. C’est vrai. Les acteurs et les modèles. Heureusement, j'ai la grande chance d'être le père d'une poignée de talents naturels." (ndlr : coup de bol sa tribu se révèle irrésistiblement photogénique et alimente l’obsession paternelle) IM-PÈRE-TINENT "Juste pour le plaisir, j'ai commencé à essayer des idées avec ma fille aînée Lou lorsqu'elle avait peut-être 1 à 2 ans (en 2011). Et chaque fois, elle était géniale et s'amusait, j'étais inspirée pour réaliser de plus en plus d'idées. Et ses sœurs se sont avérées être également très géniales. Il semble que Mila et Yuna apprennent beaucoup de Lou et maintenant je peux facilement travailler avec toutes les trois. J’essaie juste de réaliser les idées qui me passent par la tête, et je ne sais pas vraiment pourquoi, mais elles sont généralement rigolotes. En même temps, du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été plutôt du genre clown, je ne peux pas rester sérieux trop longtemps. J’imagine donc que mes images donnent un bon aperçu de cet aspect de ma personnalité. Pendant ce temps, notre album de famille fou contient des centaines d'images drôles (et parfois aussi significatives), et nos proches parents sont toujours très heureux lorsqu'ils reçoivent notre calendrier familial annuel en cadeau de Noël. Soit dit en passant, notre petit garçon, Nio, apporte un peu d'air frais dans notre scène photographique dominée par les filles. Animaux, déco, paysage… c’est une règle d’or, pour élaborer les univers et situations dans lesquels il replace ses enfants, John n’utilise jamais que ses propres photos et des images conçues à l’aide de logiciels de création 3D. Il ne cherche pas, cependant, à préserver le secret de fabrication de ses photomontages : dans l’onglet “Making Of” de son site internet (ndlr : quelques exemples ci-dessous), il dévoile, en toute transparence, les différentes phases d’élaboration de ses compositions. Ce faisant, il ne nous laisse peut-être pas complètement entrer dans sa tête, mais, pour qu’on puisse guigner, il laisse la porte entr’ouverte. --------------------- Avec la contribution involontaire de : Mélanie Marullaz - journaliste / presse@activmag.fr https://www.lovewhatmatters.com/dad-creates-whimsical-photos-of-his-kids-and-the-result-is-pure-magic/ --------------------- 4 sacs, 4 enfants pour un quadrimage Making of Sur son site (https://www.johnwilhelm.ch/), John Wilhelm présente de manière interactive des images avant / après travail : https://www.johnwilhelm.ch/slider Crédits photos : © John Wilhelm the photoholic ---------------------------------- nombreux liens vers les réseaux sociaux : https://fr-fr.facebook.com/johnwilhelmisaphotoholic/ https://www.instagram.com/john_wilhelm_is_a_photoholic/?hl=fr https://500px.com/horazio https://www.flickr.com/photos/horazio/ https://www.behance.net/johnwilhelm pages 50 et ss du n° 7 d'Openeye : https://fr.calameo.com/read/00514340512005218770a
Rencontre : John Wilhelm is a photoholic, déjanté ! content media
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dbonnet.sud
27 avr. 2020
In Culture photo
Sa signature, reconnaissable au premier coup d’œil, est synonyme d’images en noir et blanc où un personnage – le plus souvent solitaire – traverse des saynètes philosophiques. Aussi appelée «Monsieur G.», cette figure anonyme est un avatar du photographe. Cheveux blancs, parfois coiffé d’un bob et le plus souvent habillé d’un pardessus épais, cette sorte de Monsieur-tout-le-monde évolue dans un théâtre miniature où se trament les affres de la condition humaine et de la vie d’artiste. (C) Gilbert Garcin - Carte d'identité Gilbert Garcin laisse derrière lui une œuvre allégorique, aux mises en scène parfois existentialistes, inspirée par le pince-sans-rire de Jacques Tati, l’humour de Charlie Chaplin et la noirceur d’Alfred Hitchcock. (C) Gilbert Garcin - Le point de départ, 2020 (C) Gilbert Garcin - Le dessous des choses Pour Gilbert Garcin, l’art est plutôt une aventure pépère. Qu’il entame avec la sagesse et l’expérience de son âge avancé. Né à La Ciotat en 1929, Gilbert Garcin se lance dans une seconde vie à 65 ans après quarante années passées à tenir une boutique de luminaires à Marseille. Le déclic ? Un concours de photographie amateur qu’il remporte à Aubagne et qui lui ouvre les portes d’un stage dans le cadre des Rencontres d’Arles. C’est dans son petit atelier de La Ciotat baigné par le chant des cigales que Gilbert Garcin invente un monde : celui, miniature, de Monsieur G., donc. (C) Gilbert Garcin - La vie résumée Ses images sont soigneusement élaborées. Elles sont composées de figurines découpées (sa propre image en pardessus, souvent accompagnée de celle de son épouse Monique) et mises en scène dans un décor minimaliste, entre le rêve éveillé et les symboles un rien menaçants, chers aux surréalistes. Fables philosophiques, réflexions humanistes à la légèreté et la poésie prégnantes, ses photographies parcourent les thèmes universels, l’amour, le temps, la gloire, la solitude ou la liberté. (C) Gilbert Garcin - Les sentiers battus (C) Gilbert Garcin - Rien n'est parfait Important, les titres qu’il donne à ses images ouvrent des perspectives multiples au spectateur : Gilbert Garcin cherche à ce que son Hollywood du pauvre soit une «auberge espagnole», avec des pistes suffisamment larges pour parler à tout le monde. Sa carrière inattendue démarre. Découvrant son travail au festival de photographie de Braga, au Portugal, la galerie Les filles du calvaire et sa directrice d’alors, la pionnière Christine Ollier, l’exposent ensuite à Paris Photo. Les professionnels et les collectionneurs, amateurs ou confirmés, sont conquis par son œuvre photographique qui devient très vite une référence. (C) Gilbert Garcin Ses tirages figurent aujourd’hui dans des collections prestigieuses, comme la Maison européenne de la photographie, parmi d’autres. Jamais, il n’avait prévu de manier aussi bien l’appareil photo. Quand on demandait au «papi de la photographie» (ou le «papi de Marseille» comme on le surnommait), comment il imaginait sa retraite, il répondait toujours qu’il se voyait plutôt avec une canne à pêche. (C) Gilbert Garcin - Le funambule (C) Gilbert Garcin - Le coeur de la cible,1998 « Gilbert fait des images intelligentes que tout le monde peut comprendre ». « Un spécialiste vous dira qu’elles ne sont pas nettes, que les découpages manquent de précision, convient l’auteur. Je ne retouche rien à l’ordinateur, ne cours pas après la perfection formelle. La clé, c’est l’identification… On a tous l’impression d’avoir vécu ces situations. » «De vingt années de création artistique, Gilbert Garcin a gardé environ 260 images, soit une moyenne approximative de treize par année. C’est beaucoup de travail pour arriver à la simplicité essentielle de ces petites fables, paraboles, aphorismes». (C) Gilbert Garcin - La rupture, 2009 (C) Gilbert Garcin - Divergences (C) Gilbert Garcin - Les amoureux de Perros-Guirec Un bon nombre d’images -pas loin du quart- «traitent» du couple: La vie devant soi,L’union, Avoir raison, Le contrat de mariage, L’équilibre parfait, Divergence... Gilbert Garcin s’expose à travers son personnage découpé, protagoniste principal de ses histoires et miroir de sa vie, de sa conscience, de ses projections, de son talent. Sa création a envahi son quotidien: il était naturel que sa femme Monique le rejoigne dans le tableau. L’un des principaux ressorts de ses images est le contraste créé par la banalité de ce couple ordinaire et l’aspect fantastique des situations évoquées par une mise en scène théâtrale épurée à la Beckett. (C) Gilbert Garcin - Ainsi va le monde ------------------------------------------------ Ce papier est extrait des articles du 19 avril 2020 de Clémentine Mercier de Libération et de Valérie Duponchelle du Figaro. Gilbert G. (1929- 17 avril 2020) a été l'une des stars des rencontres photographiques d'Arles 2013. En voir plus : Liens pour pour visionner des reportages concernant une partie du parcours photographique de Gilbert GARCIN. L'atelier du photographe Gilbert Garcin par Vincent Josse - France Inter (2010): https://www.dailymotion.com/video/xjvdyx et encore : --------------------------------------------- in Mémoriam (Fédé Photo UR13) C’est avec une très grande tristesse que nous avons appris récemment la disparition de Gilbert GARCIN. Gilbert GARCIN est né à La Ciotat en 1929 et c’est à Marseille qu’il est décédé pendant son sommeil ce 17 avril 2020. C'était un artiste, photographe et philosophe, mais surtout un homme d'une grande sensibilité et d'un regard à la fois pertinent, aiguisé et tendre, sur l'homme, ses interrogations, ses vanités et ses doutes. Dès après sa retraite il nous avait rejoint à PHOCAL en 1990 (47 ème adhérent : carte fédérale : 13-1376-0023!) et nous en sommes émus mais très fiers. Les séances avec lui étaient inénarrables de drôleries et de subtilités. Sans cesse inventif - appareil photo fixé sur une planchette, tenue par une canne au ras du sol, ou au contraire arrimé sur le dessus du tableau de bord de sa 4L - la vision de ses diapositives, souvent aussi iconoclastes (un Christ en métal, détaché d'une couronne mortuaire, tenu par les bras sur les barres d'une grille de caniveau à l'extrémité d'une allée du cimetière St Pierre!), décapantes, anticonformistes, nous faisaient passer des soirées mémorables. Il avait accepté d’être l’invité d’honneur du 32ème Salon photographique d’Allauch en 1998 et nous avions édités à cette occasion un portfolio avec 12 reproductions imprimées. Souvenir que nous gardons précieusement, de ce petit bout de chemin photographique fait ensemble… Adieu Gilbert, tes images te feront rester avec nous. Texte : Jean-Louis AMOROSO Président du club PHOCAL. Gilbert Garcin a certes connu une carrière internationale à partir du moment où il a été représenté par la Galerie « Les Filles du Calvaire », après le Festival de Braga (Portugal) en 1998, mais il ne faut pas oublier qu’avec sa profonde gentillesse et son humilité, il a apporté son concours à des structures plus modestes  en participant à des expositions le plus souvent collectives. C’est ainsi qu’il a adhéré à l’association « La Fontaine Obscure », à Aix en Provence. Il y a exposé une première fois en 1993, puis dans le cadre des « Regards Croisés Lettonie Provence » en 2003. Gilbert a aussi fait partie du Collectif ALPHÉE qui regroupait un certain nombre de photographes de la région et dont le président était Christian RAMADE. Il a participé tout d’abord à « Vue sur mer », en 1994, puis à « Reflets d’Alphée » en 1998 et à « Points de vue » en 2000. N’oublions pas non plus son exposition à La Ciotat en 1999 à la Chapelle des pénitents bleus sous l’égide de Christian Ramade. Malgré une carrière internationale déjà bien lancée, il est resté fidèle en amitié (et en image) avec celles et ceux qui avaient partagé ses premières créations et il se faisait un plaisir d’être présent, lorsqu’il le pouvait, à toutes les manifestations organisées par chacune de ces structures. Il faut mentionner également que dans le cadre du Congrès de la Fédération Photographique de France, en 2016, à Aubagne, Gilbert GARCIN, avec tous les autres membres du groupe ALPHÉE, avait exposé une partie de ses œuvres pour « PHOTOLOGIES » et c'était une de ses dernières apparitions en public. Devenu jeune retraité à 61 ans, c’est à l’occasion d’un stage aux Rencontres d’Arles avec Pascal Dolémieux, qu’il s’enthousiasme pour la technique du photomontage. Gilbert GARCIN invente un monde en noir et blanc où se côtoient l’humour, le pathétique et l’absurde. De son propre aveu, les interprétations en sont multiples, voire contradictoires. C'est un monde d'ombre et de lumière, dans lequel il nous laisse trouver notre chemin. Son travail reste une référence dans la création photographique contemporaine. Son œuvre a été exposée dans un grand nombre de pays. Elle est présente dans des collections publiques ou privées, parmi lesquelles la Maison Européenne de la Photographie (Paris), le Fonds National pour l'Art Contemporain (Paris), Veendam Artothèque (Pays-Bas), West Collection (Philadelphie) et Titze Collection (Vienne/Autriche). Texte : Francine CHICH Présidente UR13 et Marcel BOI Webmaster UR13 voir aussi : https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/la-ciotat/ciotat-mort-du-photographe-gibert-garcin-roi-du-photomontage-artiste-surrealiste-1818210.html
Gilbert Garcin, "le papi de Marseille", artiste surréaliste content media
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dbonnet.sud
24 avr. 2020
In Culture photo
et la France des Auberges de jeunesse de 1937 «Si j’aime tant la photographie, ce doit être, outre le plaisir de l’émotion et de la forme, pour le désir de prolonger l’éphémère, de sauver l’instant.» P. Jamet. © Pierre Jamet - Dina sur la route, 1937 Ici on voyage dans la France post-front populaire, celle des premières auberges de jeunesse, des godillots, des bérets et des sacs à dos en toile et en cuir. Dans les clichés de Pierre Jamet, on trouve de la joie de vivre, de l’humanisme, le bonheur d’être ensemble dans cette période entre deux guerres. Pierre Jamet est un photographe et chanteur français. Il est un représentant de la photographie humaniste, et fut membre du quatuor vocal Les Quatre Barbus. Ne délaissant jamais la photographie, son travail s'est enrichi des fréquents voyages et des nombreuses rencontres occasionnées par son activité musicale. Mais il réalise aussi des reportages pour divers magazines, notamment pour l’hebdomadaire Regards qui emploie aussi, à l’époque, Capa, Chim, Cartier-Bresson. Durant cette période, parallèlement, il devient membre de la chorale de l’AEAR (Association des Ecrivains et Artistre Révolutionnaires) en 1935. Pierre Jamet s'y lie d’amitié avec Dina Vierny (qui s’appelait alors Dina Aibinder, future fondatrice du Musée Maillol à Paris, et déjà modèle pour le sculpteur.) Il rencontre le poète Jacques Prévert, pilier du Groupe Octobre, section théâtrale de l’A.E.A.R. © Pierre Jamet - Dina, 1937 Dina fête avec Pierre Jamet la victoire du Front Populaire en 1936 et s’engage avec lui dans la formidable aventure des Auberges de Jeunesse. Ses photos, d'une beauté franche et directe (il réalisait aussi ses tirages), saisissent la spontanéité, les rires, la camaraderie. L'un de ses premiers "modèles" fut Dina. © Pierre Jamet - Dina, 1937 En 1937, il immortalisa la France des congés payés dans une auberge de jeunesse. Ses photographies, qui ont la clarté et la fraîcheur de l’espoir des années d’avant guerre, puis de la paix retrouvée, ne taisent pas néanmoins des temps plus troublés comme en témoignent les photos de la libération de Paris. Proche de Doisneau et de Willy Ronis, Pierre Jamet occupe néanmoins, avec un souffle qui lui est propre une place singulière dans l’univers des photographes humanistes. © Pierre Jamet, Lisa et Fernand Fonssagrives -1934, Paris De ses photos qui, avec leur parfum d’époque, nous font ressentir le bonheur des étés au bord de mer, la beauté des femmes, l’enthousiasme de la jeunesse sous le Front Populaire…se dégage une incontestable joie de vivre, parfois teintée d’une poétique nostalgie. -------------------------------------------- Pierre Jamet (1910-2000) a fait l'objet d'une exposition aux Rencontres d'Arles 2013 Crédits : © www.pierrejamet-photos.com © Babelio © http://lafilledecorinthe.com/wordpress/2019/01/corinne-jamet-vierny-responsable-du-fonds-photographique-de-pierre-jamet/ © https://www.paris-art.com/pierre-jamet/ © https://www.artsper.com/fr/artistes-contemporains/france/14773/pierre-jamet
Focus sur Pierre Jamet  content media
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13 avr. 2020
In Culture photo
"J'envisage la photographie comme une toile vierge sur laquelle tout reste à construire" Elle est l'une des artistes contemporaines de la scène française les plus en vue. Valérie Belin exposait, à la 50ème Rencontres de la photographie à Arles, ses Painted Ladies. Huit tableaux contemporains, figures étranges, surréalistes créées à partir de mannequins d'agences, qu'elle immortalise, et métamorphose avec des outils numériques. Depuis vingt ans, l'artiste plasticienne oeuvre à déconstruire les stéréotypes. Rencontre. Valérie Belin - Lady Pastel Les jeunes ladies portraiturées par Valérie Belin pourraient être des célébrités, mais il s’agit en fait de célébrités imaginaires – figures archétypales nées du regard de l’artiste et créées par le volume expressif des visages que vient, en quelque sorte, rehausser une « peinture photographique ». Comme si l’artiste, s’interrogeant sur ce qu’est « l’essence même de la vie », décidait d’en donner une représentation picturale par petites touches, à défaut de pouvoir créer un être vivant de toutes pièces. Cette nouvelle série se présente comme un ensemble de tableaux contemporains, réalisés à l’âge du numérique. Une occasion de se poser à nouveau la question récurrente des rapports entre photographie et peinture, figuration et abstraction, réalité et fiction. (c) TV5MONDE
Rencontres d'Arles 2019 avec Valérie Belin content media
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13 avr. 2020
In Culture photo
De la guerre et des droits de l'homme à l'identité culturelle et à la violence domestique, le travail de Susan Meiselas (américaine, née en 1948) couvre un large éventail de sujets et de pays. Meiselas crée des œuvres qui soulèvent des questions provocantes sur la pratique documentaire et la relation entre le photographe et son sujet. (1) Debbie and Renee, Maine, in 1972, in the “Carnival Strippers” series. © Susan Meiselas Susan Meiselas, Road to Aguilares, 1983 © Susan Meiselas Susan Meiselas, Road to Aguilares, 1983 © Susan Meiselas Strip-teaseuses de carnaval L'œuvre phare de Susan Meiselas présente une vision nuancée de la dynamique des «girl shows» itinérants américains au début des années 1970. (2) Shortie sur le Bally. Barton, Vermont, États-Unis. 1974. © Susan Meiselas De 1972 à 1975, Susan Meiselas a passé ses étés à photographier et à interviewer des femmes qui ont fait un strip-tease pour les carnavals de petites villes en Nouvelle-Angleterre, en Pennsylvanie et en Caroline du Sud. En suivant les carnavals de ville en ville, elle a représenté les danseurs sur scène et en dehors, photographiant leurs performances publiques ainsi que leur vie privée. Elle a également enregistré des entrevues avec les danseurs, leurs petits amis, les gérants de spectacles et les clients. Tentful of marks. Tunbridge, Vermont, États-Unis. 1974. © Susan Meiselas Lors de la première exposition de l'œuvre, et plus tard dans le livre  Carnival Strippers , Meiselas a inclus les voix des personnes qu'elle a photographiées, présentant leurs mots aux côtés de portraits et de prises de vues documentaires d'eux. «Les femmes m'ont fait entrer dans la pièce, et le livre a ensuite attiré l'attention du public sur un monde caché, partageant une histoire complexe de l'intérieur», écrit Meiselas dans son nouveau livre,  On The Frontline . Compétition pour les clients. Tunbridge, Vermont, USA. 1975. © Susan Meiselas "De l'éboueur au président, c'est comme ça" Ses sujets offraient une variété de perspectives sur le sexe dans le contexte de la pauvreté, de la classe sociale et de la société en général. À travers les mots prononcés par ses sujets et les expressions capturées dans ses photos, Meiselas raconte l'attitude désobligeante des clients envers les femmes de l'exposition, et en fait, les femmes en général. Certaines des citations que Meiselas a incluses dans son livre publié, entendues par les hommes du public de l'émission, révèlent des attitudes sexistes : "Être d'accord avec vous, vivre avec vous, prendre soin de vos vêtements - c'est à cela que sert une femme", dit un homme. Lena sur la Bally Box.Essex Junction, Vermont, USA. 1973. © Susan Meiselas "Elles donnent d'elles-mêmes, elles partagent et elles rendent les gens heureux" Après-midi. Tunbridge, Vermont, États-Unis. 1974. © Susan Meiselas Certaines citations rappellent que certaines choses n'ont pas  beaucoup changé depuis le début des années 1970. Dans une conversation sur le fait de toucher des femmes sans leur consentement, un membre du public masculin aurait déclaré: «Un gars la touche avant vous, puis un autre gars la touche, puis un autre gars, puis c'est votre tour… Du ramasseur d'ordures au président, c'est comme ça - ce n'est pas ce que vous faites, c'est ce que vous vous faites prendre à faire. " «À quelques exceptions près, ceux qui vous touchent doivent vous faire mal d'une manière ou d'une autre», explique Lena, une strip-teaseuse. «De toute façon, ils pensent que les gens du carnaval sont inférieurs, et une strip-teaseuse de carnaval est plus inférieure.» Laurie. Fryeburg, Maine, États-Unis. 1975. © Susan Meiselas La perspective masculine explorée par Meiselas est multidimensionnelle, présentant un patchwork de vues autres qu'une position macho stéréotypée. Il y en a pour qui le spectacle n'est qu'un bruit de fond: «Les spectacles de filles ne signifient pas grand-chose. Lorsque vous venez à Tunbridge, c'est pour rencontrer vos anciens amis des autres années. La plupart des actions se déroulent dans les parkings », a expliqué un client, qui assistait aux foires depuis 1958. Le point de vue d'un autre homme est remarquablement sensible. Il dit: «Ces filles qui vous permettent d'avoir des contacts avec elles, d'une certaine manière je les admire, elles ne sont pas égoïstes. Je pense qu'il est difficile de faire ce qu'elles font. Elles se donnent en fait, elles partagent et elles rendent les gens heureux. Elles me rendent heureux, en tout cas. C'est à peu près la chose la plus intime que vous puissiez faire avec une femme. » La vie au motel Susan Meiselas . Tunbridge, Vermont, États-Unis. 1974. © Susan Meiselas "Je n'aime tout simplement pas l'idée que tout le monde pense que je me coucherais pour n'importe quoi ou n'importe qui" Le témoignage des `` strip-teaseuses de carnaval '' décrit lui-même une myriade de vues, mais la grande majorité des femmes se disent motivées à travailler dans les spectacles en raison de l'indépendance que cela leur donne. "Si vous voulez être votre propre femme, être une personne seule, vous ne pouvez pas faire beaucoup mieux que cela", explique Patty, manager et ancienne strip-teaseuse. Une strip-teaseuse, Debbie, articule la relation complexe entre la classe sociale et l'indépendance d'une femme. Elle dit: «Pour moi, il y a des gens riches, c'est vrai, riches et hauts et sophistiqués, et puis il y a ces gens qui doivent s'inquiéter et se battre pour ce qu'ils veulent… Il faut manger. Lorsque vous mangez et obtenez votre propre argent, cela fait de vous votre propre femme. Tu ne demandes rien à personne". Backstage. Carlisle, Pennsylvanie, États-Unis. 1975. © Susan Meiselas "Les femmes m'ont fait entrer, et le livre a ensuite attiré l'attention du public sur un monde caché, partageant une histoire complexe de l'intérieur" Le manque d'accès à un revenu indépendant semble avoir conduit de nombreuses strip-teaseuses de la fête foraine à se mettre au travail. Shortie, qui attribue son problème d'alcool au travail, déclare : "Ce n'est pas ce que je veux faire. Ce n'est pas ma vie. Ce n'est pas vraiment ce qui me plaît. C'est juste quelque chose qui me permet de prendre un bon départ." Et les emplois féminins qui brisent les conventions ne représentent pas nécessairement des points de vue plus radicaux sur le sexe, le genre et les relations : "Je pense que la place d'une femme est dans une maison", dit Cindy, une strip-teaseuse, "mais je n'ai pas de maison où aller." Le dressing. Fryeburg, Maine, États-Unis. 1975. © Susan Meiselas Certaines femmes luttent contre la manière négative dont la société les perçoit à cause de leur travail. "Je n'aime pas l'idée que tout le monde pense que je m'allongerais pour quoi que ce soit ou pour qui que ce soit", dit Coffee, une strip-teaseuse. Pour d'autres, le défi est le travail lui-même, en choisissant de se désengager mentalement de ce que leur corps fait comme une auto-préservation psychologique : "C'est une protection pour moi-même. Vous mettez un mur entre vous et ce qui se passe vraiment", dit Lena. Et d'autres trouvent du plaisir et du plaisir dans leur travail - "Je pense que c'est ce que j'aime dans tout ça - toute l'attention, tout le monde qui me regarde. C'est un sentiment fabuleux", explique Lisa. "Les hommes comptent sur vous pour les divertir ou pour leur rapporter de l'argent" Lena après le spectacle. Essex Junction, Vermont, États-Unis. 1973. © Susan Meiselas L'étude du rôle des femmes dans la société des années 1970 à travers le microcosme de l'industrie du "girl show" itinérant en voie de disparition, Meiselas's Carnival Strippers, met en lumière les différents points de vue sur les femmes, le sexe, la société et la classe sociale, en explorant la ligne parfois difficile à définir entre indépendance et exploitation. "Être strip-teaseuse est aussi proche que possible d'un monde d'hommes", déclare Lena. "C'est une vie difficile. Il faut de la force et du caractère. Les hommes dépendent de vous - pour les divertir et leur rapporter de l'argent." Et quand ils viennent, c'est la fille qui décide. Elle a quarante gars là-dedans. Ils pourraient lui arracher un membre après l'autre. Elle doit les contrôler, les retenir, et tout ce qu'elle a, c'est son esprit et ses talents. Les hommes ne peuvent pas la voir pour ce qu'elle est. Les femmes considèrent que c'est une révolution - pour la première fois de leur vie, elles disent : "Tu me manges dans la paume de la main". --------------------------------------- SUSAN MEISELAS Née en 1948 à Baltimore, États-Unis. Vit et travaille à New York, États-Unis. Le travail de Susan Meiselas interroge le pouvoir politique et mémoriel des images en créant des espaces de dialogue et d’échange. Elle est notamment connue pour son enquête sur le strip-tease forain aux États-Unis au début des années 1970, pour ses images de la révolution sandiniste au Nicaragua en 1978-1979, et pour son vaste projet de documentation photographique du peuple kurde, commencé dans les années 1990. Entrée à l’agence Magnum en 1976, elle en préside la fondation depuis sa création en 2007. --------------------------------------- UNRETOUCHED WOMEN : Eve Arnold, Abigail Heyman & Susan Meiselas exposaient en Arles en 2019. Trois photographes qui ont renouvelé le regard sur la vie et l'intimité des femmes dans les années 70. --------------------------------------- (1) : https://monovisions.com/susan-meiselas-mediations/ (2) : © Magnumphotos, traduction Deepl https://www.magnumphotos.com/arts-culture/performing-arts/carnival-strippers-by-susan-meiselas/
Focus sur  Susan Meiselas content media
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07 avr. 2020
In Culture photo
William Ropp est connu pour son style particulier. Il capture les aspects curieux et mystérieux de nature humaine. Les images sont remarquables, le temps est suspendu à un fil imaginaire et les gens photographiés ont un regard et étrange ... Si je dis Shinning, je vais me perdre dans les contes et scénarii ... (c) William Ropp - Uthiopie Les photos sont en noir et blanc et parfois, une sorte de couleur qui rappelle les années 50 ... Ces photos sont d’un lyrisme époustouflant mais en même temps extraordinairement dérangeantes, presque malsaines, on a une position de voyeur, on voit la souffrance de quelqu’un. Des yeux agrandis de stupeur ... qui vous regardent dans les yeux ... Des photos très belles, au premier abord faciles d’accès, mais ensuite s’installe le malaise. Ces images emportent les visiteurs dans un voyage à travers les différents niveaux de réalité. Elles invitent à réfléchir sur la question d’être et du non-être. Sculpteur d'ombres Garance, 2000 © William Ropp (c) William Ropp - sculpteur d'ombres (c) William Ropp - sculpteur d'ombres (c) William Ropp - sculpteur d'ombres Uthiopie Enfant, William Ropp dévorait les ouvrages de son trisaïeul Louis Jacolliot, Le Coureur des jungles, L’Afrique Mystérieuse ou Voyage au pays des singes, livres d’aventures africaines qui allaient semer en lui une irrépressible envie d’Afrique. - Uthiopie William Ropp est retourné en Afrique, quelques années après Mémoires Rêvées d’Afrique. Mais à l’est cette fois, « dans la corne », en Ethiopie, terre des légendes, des séjours de Rimbaud au surnom de «berceau de l’humanité ». (c) William Ropp - Uthiopie Rapp a trempé sa photographie à la source de ces légendes, et ramené de de ce voyage des images hors du temps, autochromes réinventés où se cachent aussi bien de farouches enfants que de rusés vieillards. Tous habitent ce pays inconnu qu’est l’Ethiopie de Ropp, faite de terre grise, de ciel rose, d’eau profonde et de forêt dense. Ethiopiques est la carte de ce pays maintenant révélé, autant que le récit d’un voyage dont on ne sait qui l’a vraiment rêvé, du photographe, de ses modèles ou de nous qui les regardons aujourd’hui. (c) William Ropp - Uthiopie (c) William Ropp - Uthiopie Photographier l’Afrique piège souvent l’auteur dans la surexposition de la misère, du sable et de la poussière. Parce que ces photos parlent. Parce que ces photos payent. Elles délivrent un message immédiat et nécessaire sans aucune ambiguïté. William Ropp propose un autre itinéraire, un hors piste symbolique en Afrique, suivant l’approche du photographe de fine art, d’un collectionneur d’êtres humains. William Ropp livre une série de photos d’enfants universels fixant au-delà de l’image une pensée qui n’appartient qu’à eux, au milieu d’une nature onirique, dont ils paraissent, au fond, un prolongement natif, une ramure charnelle. Une pensée, un rêve qui nous regarde et nous traverse aux croisements des lignes d’horizon entre eau et ciel et terre et eau. (1) (c) William Ropp - Uthiopie (c) William Ropp - Uthiopie --------------------------------------------------- William Ropp est né en 1960 à Nancy, Il a participé aux 18e rencontres de la photographies, à Chabeuil (26), en sept 2018, et au 24e festival Voies Off d'Arles, en juillet 2019. (mais aussi 19e édition 2014) https://www.instagram.com/explore/tags/williamropp/ https://www.charlet-photographies.com/index.php/fr/william-ropp-photographies.html (1): texte pour partie de Sébastien Di Silvestro
à la découverte de William Ropp, sculpteur d'ombres et révélateur de l'intime content media
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dbonnet.sud
05 avr. 2020
In Culture photo
Il fait beaucoup de portraits. Dans ces visages, ces regards, il cherche leurs singularités, leur vie, leurs âmes … son histoire, mais aussi celle de ses ancêtres … le regard d'une grand mère, c'est aussi le regard de sa grand-mère. "Le petit vieux, c'est aussi celui que je vais devenir". Au détour d'un regard, d'un sourire, d'un mouvement d'épaule, il sait capter l'intime, un frissonnement de l'âme, une histoire. Nikos Aliagas, photographe est un voleur de temps. Le chauffeur à la vieille Mercedes cabossée - Cuba - Leica M Ses photographies sont profondément humaniste, à la recherche de ce qui n'est pas dit d'emblée, il capte un instant fragile esquissé dans un mouvement ancestral et livre ainsi un regard intime, introspectif et personnel, dénudé de tout artifice. « Je suis fils de déracinés. Cela crée une mélancolie…» Faire de la photo est plus fort que lui, c'est comme une urgence … Il a l'impression de prendre la parole … sans parler. Une façon à lui de prendre une respiration.(1) Deborah Grunwald - Canon EOS 5D Mark III - 70 mm - ISO800 f2.8 1/1000 "Âmes Grecques" Dans « Àmes Grecques » Nikos présente un voyage dans une Grèce atemporelle, intérieure et personnelle, celle de ses ancêtres. « Photographier la Grèce, le pays de mes ancêtres. Mais quelle Grèce photographier en réalité ? Celle des îles où ciel et mer s’épousent dans des dégradés de bleu, de blanc et de feu ? Immortaliser la Grèce éternelle, celle qui résiste encore à travers ses vestiges ? Ou enfin une Grèce des actualités, celle de la crise qui enlise et divise les gens ? Les images ne manquent pas, les paradoxes non plus. Ce qui m’attire le plus dans ce pays d’ombre et de lumière c’est précisément ce que ne dit pas la photo, l’âme d’un peuple. Les silences d’un regard qui vous observe, l’habitacle mystérieux d’un bateau de pêche et les mains écaillées de son capitaine. La Grèce de l’errance et du voyage, là où hommes et les femmes portent encore des prénoms millénaires. "L'homme aux ballons rêvait de s'envoler loin" - Grèce - Canon EOS 5DS R - 35 mm - ISO1250 f3.2 1/200 "A quelques enjambées du Parc des Héros" - l'homme au baglama - Grèce "Mon oncle Dimitris Katiforis, une vie de labeur ..." - Grèce- Hasselbald X1D - 45 mm La Grèce que j’aime photographier résiste inexorablement. Elle tient tête aux chimères, à ceux qui la prennent pour une autre, aux Cassandres qui ne voient que des pierres anciennes là où d’autres considèrent chaque parcelle de marbre millénaire comme le talisman de leur adn. Les âmes que je photographie ne craignent pas les vanités et les peurs de l’homme moderne, les âmes que je croise dans mon cadre sont libres et ignorent le temps ravageur, elles préfèrent suivre leur « kairos » et ne garder que l’essentiel, comme une rêve diurne où le noir et le blanc se tiennent à distance du cortège coloré et trompeur des sirènes. » (2) Athènes - Ethics X7 - Canon EOS 5DS R - 50 mm- ISO200 f4.0 1/200 "la grand mère éternelle" - Grèce - Canon EOS 5D Mark III - 34 mm - ISO160 f14 1/160 Il est un passionné de photographies depuis tout petit. A l'occasion de la sortie de son livre "l'Epreuve du temps", il évoque l'origine de cette passion (3). "On n'a pas la notion du temps lorsqu'on est enfant". "J'ai commencé à photographier il y a très longtemps … le constat de départ, c'est que tu te rends compte que le temps passe". Enfant, il était tombé sur une boîte à photographies de ses parents, jeunes. Cette découverte l'avait choqué. "Je pensais que les parents qu'on avait à 5-6 ans, étaient les mêmes parents qui n'allaient pas vieillir. On n'a pas la notion du temps lorsqu'on est enfant". D'où cette volonté de capturer les personnes en photo, pour lutter contre cette "épreuve du temps". "Petit, je prenais des photos imaginaires". Mais Nikos Aliagas a dû attendre avant de prendre ses premières photographies. "Petit, je prenais des photos imaginaires avec un faux appareil". Son père l'a finalement pris en pitié, lorsqu'il avait à peine dix ans, et lui a acheté son premier appareil : un petit Instamatic. "Avant de me coucher, je faisais une liste des gens que j'avais croisés et photographiés, la photographie est une autre prise de parole, une autre quête." Mais lorsqu'il appuie sur le déclencheur, Nikos y va à l'instinct, il se voit comme un "photographe nomade". Idem pour la technique : "Je n'ai jamais lu une notice. Je ne suis pas patient. J'apprends sur le tas. Je prends l'appareil, je sors dans la rue. Je ne chasse pas. J'attends. Le temps photographique est intéressant. C'est tellement à l'opposé de mon autre vie à la télévision ou à la radio ! Du coup, c'est pour moi quelque chose de thérapeutique au sens cathartique du terme." Rendre hommage aux personnes de l'ombre - Paris - Canon EOS R "Pénélope" - Meganissi - Canon EOS 5DS R - 50 mm - ISO200 f3.5 1/320 "les mains du berger Theodoros" - Lessini - Canon EOS 5DS R - 50 mm - ISO200 f7.1 1/1000 Qu'il immortalise Depardieu ou un berger, il avoue être "flippé, stressé", et ne pas attendre le cliché, mais le bon moment. Et de conclure : "C'est une écriture, la photographie" (4) "Devant mon objectif" Omar Sy "devant mon objectif" - Canon EOS 5D Mark III - 70 mm - ISO1000 f3.5 1/250 Marina Kaye "dans mon objectif" - Canon EOS 5D Mark III - 33 mm - ISO640 f2.8 1/80 André Dussollier "devant mon objectif" - Fujifilm X-Pro2 - 35 mm - ISO5000 f3.6 1/250 Agnès Varda et J.Rart "devant mon objectif" - Fujifilm X-Pro2 Julie Zenatioff "dans mon objectif", orient et occident dans une même artiste - Fujifilm X-Pro2 - 35mm ISO400 f11.0 1/2.5 ------------------------------------------ (1) : propos recueillis par LP/Delphine Goldsztejn (2) : www.galerie-photo12.com › artist › nikos-aliagas (3) : « l'Epreuve du temps », Ed. de La Martinière, 240 p. (4) : D'après Jean-Frédéric Tronche teleobs.nouvelobs.com abondante photothèque (850 photos) à découvrir sur : https://www.flickr.com/photos/nikosaliagas/
Rencontre :  Νικόλαος Αλιάγας, voleur de temps content media
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01 avr. 2020
In Culture photo
Photographe allemande naturalisée française (1908-2000) Née dans une famille de la bourgeoisie juive allemande, Gisèle Freund reçoit ses premiers appareils photographiques de son père, collectionneur d’art. Contre les souhaits de sa famille, elle s’inscrit dans une école pour enfants d’ouvriers et, par la suite, étudie la sociologie et l’histoire de l’art à Fribourg, puis à Francfort, dans l’intention de devenir journaliste. Elle décide finalement de se consacrer à une thèse sur la commercialisation du portrait photographique en France au XIXe siècle. Gisèle Freund - de la politique à la photographie Membre des Jeunesses socialistes de Francfort, craignant les persécutions, elle se réfugie à Paris en 1933. À la Bibliothèque nationale de France, où elle poursuit sa thèse, elle commence son travail de portraitiste. En 1935, elle se lie d’amitié avec Adrienne Monnier et fait la connaissance des écrivains français ou expatriés qui fréquentent sa librairie de la rue de l’Odéon. Elle réalise, entre autres, une série de photographies de James Joyce prises dans son quotidien ; l’un de ces portraits fait la couverture du Time américain lors de la publication de Finnegans Wake (1939). Gisèle Freund - James Joyce with grandson sitting on a bench Gisèle Freund - Femme assoupie sur un banc, Paris, 1933 Gisèle Freund - André Malraux, 1935 Gisèle Freund - Colette, 1939 Gisèle Freund, -Jean Paul Sartre 1938-39 Malgré sa naturalisation par le mariage, elle doit fuir la France occupée. Elle s’installe à Buenos Aires puis voyage dans toute l’Amérique latine pour réaliser des reportages. À la fin de la guerre, elle revient à Paris et, en 1947, signe un contrat avec le bureau parisien de Magnum. Elle retourne en Amérique latine pour un travail sur la Patagonie et une série consacrée à Eva Peron, puis s’installe durant deux ans à Mexico ; elle y rencontre l’artiste Frida Kahlo et réalise des photographies de son monde insolite. Gisèle Freund - Evita Perón, reportage for Life magazine, 1950 En 1952, la photographe s’établit définitivement à Paris. Elle renoue avec l’écriture et publie un ouvrage devenu un classique, Photographie et société (1974), où elle aborde des questions de représentation, le statut du métier et ses transformations sous l’emprise des changements technologiques. Pratiquement autodidacte, G. Freund s’intéresse peu à la technique ou à l’expérimentation mais compte sur sa curiosité et son esprit alerte. Contrairement à l’esthétique du portrait photographique des magazines de l’époque (le style dit « Harcourt »), elle ne pratique aucune retouche. La dominante ambrée du film, comme une patine du temps, rend ses figures plus fragiles, plus proches de nous. Gisèle Freund -Amoureux rue de Rivoli, Paris, 1956 Gisèle Freund -Les Tuileries l’hiver, Paris, 1958 Gisèle Freund -Paris insolite années1950 Adepte d’une fidélité à la psychologie du modèle, prônée par Nadar, elle s’imprègne de l’œuvre des artistes qu’elle va photographier. Pour elle, « l’instant décisif » est un oubli de soi qui révèle quelque trait inconnu du sujet lui-même. Si des images comme celles d’André Malraux ou de Virginia Woolf sont devenues emblématiques par la force d’un détail qui suggère l’esprit de l’artiste, d’autres photographies, prises dans leurs espaces de travail, restituent, grâce au choix du cadrage, une ambiance intérieure : Pierre Bonnard sur un banc devant sa maison, Henri Matisse absorbé par son dessin. Gisèle Freund -Virginia Woolf, London, 1939 Gisèle Freund -André Malraux Gisèle Freund -Henri Matisse Gisèle Freund -Anouk Aimée, 1962 Bien qu’elle n’ait pas épargné ses efforts pour la reconnaissance de la photographie comme art à part entière, elle se considère plutôt comme témoin de son époque. Comme ses reportages, ses portraits font preuve du même esprit de justesse, de la même simplicité et complicité avec les sujets – elle voyait, d’ailleurs, le portrait comme une forme de reportage. En 1957, l’artiste retourne à Berlin pour photographier les destructions de la guerre et la reconstruction de la ville, puis, en 1962, après la construction du mur, pour témoigner de la vie quotidienne des Berlinois à l’Est et à l’Ouest. Vingt ans après la chute du mur, Berlin lui rendra hommage en exposant ses photographies d’un monde en changement de repères, où la vie l’emporte sur la destruction. Gisèle Freund -Autoportrait, 1930 Son œuvre, reconnue à partir des années 1960 par de nombreuses expositions dans le monde entier et de nombreuses distinctions, reste dans la mémoire culturelle comme celle d’une intellectuelle cosmopolite qui sut anticiper les développements de la photographie et son influence sur notre culture visuelle. Peu avant sa mort, elle légua un nombre important de ses photographies à l’État français ; ses archives ont été acquises par le département des manuscrits des Washington State University Libraries. Anca Cristofovici Extrait du Dictionnaire universel des créatrices © 2013 Des femmes – Antoinette Fouque -------------------------------------- Deauville dans le regard de Gisèle Freund Avec son dernier mari, Maurice Goudeket à Deauville --------------------------------------- Gisèle Freund : 1908 — BERLIN, ALLEMAGNE | 2000 — PARIS, FRANCE
focus sur Gisèle Freund, témoin du XXème siècle content media
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01 avr. 2020
In Culture photo
Née à Brooklyn dans l’état de New York, Helen Levitt (1913-2009) abandonne le lycée pour suivre un photographe commercial qui lui enseigne alors les techniques de la photographie argentique. Fascinée par le photographe documentaire Eugène Atget, le cinéma de Cocteau et de Jean Vigo, elle est aussi fortement animée par le surréalisme. Alors qu’elle enseigne l’art à des enfants au milieu des années 30, elle plonge dans la photographie de rue, intriguée par les gribouillis qu’ils dessinent à la craie. New York, circa 1940 ©Helen Levitt/Courtesy Laurence Miller Gallery Les enfants et leur imaginaire seront dorénavant prisonniers de son Leica 35mm. À l’époque, New York étouffe quand vient l’été. Chacun fuit son immeuble pour la rue, à la recherche d’un semblant de fraîcheur. Cette émulation estivale confirme alors à Helen Levitt son intérêt pour la photographie urbaine. New York, circa 1940 ©Helen Levitt/Courtesy Laurence Miller Gallery New York, circa 1940 ©Helen Levitt/Courtesy Laurence Miller Gallery New York, circa 1940 ©Helen Levitt/Courtesy Laurence Miller Gallery L’émotion reste la pierre angulaire de son travail : en filigrane se cache cependant, un melting pot dont la pauvreté crève les yeux. Artiste-photographe davantage que simple reporter d’images, Helen Levitt échappe pourtant à ce clivage systématique : elle fixe la société américaine et rend compte de son intimité au coeur de la Seconde Guerre mondiale. L’émotion reste la pierre angulaire de son travail : en filigrane se cache cependant, un melting-pot dont la pauvreté crève les yeux. Afin de conserver la sincérité de ses clichés, elle cache son appareil sous le pan de son manteau et recadre drastiquement ses photos, écartant à chaque fois ceux dont le regard croise l’objectif. De cette diaspora bouillonnante on retient des scènes urbaines résolument organiques décrites comme suit par le New York Times : “des moments éphémères de lyrisme et de mystère”. Rapidement reconnus, ses clichés sont publiés dans des magazines (Fortune en 1939) et différents ouvrages. Ils font l’objet de nombreuses expositions dont l'inauguration du département de photographie du MoMA en 1939. Sa rencontre avec deux des photographes les plus iconiques du XXe siècle la galvanise. Henri Cartier-Bresson et Walker Evans lui insufflent une passion dévorante pour le médium photographique. Le second s’éprend de ses photographies d'enfants jouant dans la rue et lui propose de l’accompagner dans le métro new-yorkais afin de réaliser, incognito, sa fameuse série Subway Portrait (cf plus bas). Il l’initie au poker et l’intègre à sa bande. Lui présente l’écrivain James Agee et la réalisatrice Janice Loeb avec lesquels elle réalisera In the Street, court métrage sur la vie des enfants afro-américains de l'Upper East Side. Peu à peu, Helen Levitt finit aux côtés du réalisateur Luis Buñuel qui l’emploie comme monteuse sur ses films de propagande. En 1959, Helen Levitt reçoit la bourse Guggenheim afin d’effectuer des recherches sur la photographie couleur. Elle abandonne alors le noir et blanc, la bourse étant renouvelée l’année suivante, et retourne dans les rues qu’elle aime tant, capter l’éclat des New-Yorkais. Accordant une nouvelle vitalité à sa spontanéité iconographique, l’utilisation de la couleur stimule Helen Levitt, et ses clichés sont publiés dans de nombreux magazines et journaux, Harper's Bazaar, The Times, et même le New York Post. Mais au début des années 70, elle se fait cambrioler et perd l’intégralité de ses films négatifs couleurs non développés… Cela n’arrête pas la photographe. Plus déterminée que jamais, elle compense cette perte par un travail acharné. Son dur labeur est récompensé. En 1974, le MoMA organise une des premières expositions de photographies couleurs, présentant sous forme de diaporama l’œuvre d’une modernité éclatante d’une certaine Helen Levitt. «Si jamais quelqu'un était né pour être photographe, Helen Levitt l'était. Regarder ces images déclenche ce sentiment de picotement que vous obtenez des photographies d'artistes comme Lartigue, Kertész et Cartier-Bresson: le sentiment que l'appareil photo est moins un outil savamment utilisé que l'extension transparente d'un esprit et d'un corps qui sont surnaturellement attentifs à la monde." - Le New York Times «Les photographies de Levitt, comme sa ville, bien que parfois elles montent en beauté, sont pour la plupart trop rapides pour cela. Au lieu de cela, ils ont la qualité d'une conversation figée au coin de la rue: elle est sortie, a vu quelque chose de merveilleux, est revenue à la maison pour tout vous raconter, puis, frustrée, a dit: `` Vous deviez être là '' et vous vous rendez compte à l'image, que vous étiez. " - Adam Gopnik, The New Yorker © https://www.numero.com/fr/Photographie/arles-revient-parcourt-helen-levitt-captatrice-des-rues-new-yorkaises-henri-cartier-bresson-walker-evans#_ -------------------------------------------------------- Discreet Photos of NYC Subway Riders in the 1970s Show an Era Before Smartphones By Sara Barnes on February 16, 2018 © Film Documents LLC, courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne L'époque précédant les smartphones a représenté une époque très différente pour les clients du métro. Si vous n'apportiez pas de journal ou ne preniez pas le métro avec une personne que vous connaissiez, vous étiez obligé de contempler tranquillement vos propres pensées plutôt que de fixer un écran envoûtant. La photographe Helen Levitt a discrètement fait la chronique de ces temps plus simples et sans technologie dans ses images candides de la fin des années 1970. Les photos en noir et blanc sont un regard discret sur les gens ordinaires qui prenaient le métro décoré de graffitis. Chacun a une attitude différente à l'égard de la conduite du métro ; les passagers isolés, par exemple, semblent perdus dans leurs pensées et regardent fixement dans le vide alors que le train dévale les rails. D'autres sont plus intimes, car ils sont assis, les bras liés à leurs proches, et se bécotent comme si personne ne les voyait. Et il y en a d'autres dont la présence attire l'attention de tout le train avec leur conversation bruyante. Collectivement, ce sont les personnages d'une pièce de théâtre et chaque arrêt est une nouvelle scène. Avec l'œil de maître de Levitt, on peut pratiquement entendre le dialogue. Pendant soixante ans, Levitt a produit un travail qui s'est concentré sur les rues de New York. Ses photographies ont été publiées dans des institutions renommées comme le Museum of Modern Art et le Metropolitan Museum of Art. Les images présentées ici font partie de Manhattan Transit : The Subway Photographs of Helen Levitt qui a été récemment publié par Walther König. Il présente un aperçu complet des photographies de métro de Levitt, dont beaucoup ont été publiées pour la première fois. (1) © Film Documents LLC, courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne Les wagons sont comme une scène, mettant en scène des histoires de couples amoureux... ... ceux qui cherchent le désespoir... ... aussi bien qu'en pensée profonde. (1) : Traduit de l'américain par DeepL © https://mymodernmet.com/helen-levitt-subway-photography/
Helen Lewitt, 
Observatrice des rues New-Yorkaises content media
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30 mars 2020
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Photographe né en suisse en 1924. A partir de 1949 déambule à travers le monde (France, Pérou, Angleterre), s’installe aux Etats-Unis puis au Canada. Photographe peu connu du grand public, son influence est grande sur l’histoire de la photographie d’après guerre. Robert Frank n’est pas le premier à considérer la photographie comme un miroir (renvoyant son propre reflet) plutôt qu’une vitre (sur le monde extérieur). Mais pour lui la photographie est un lieu d’expérimentation, dont le centre sera la subjectivité du médium photographique. La subjectivité en photographie n’est pourtant pas une évidence en soi. Si le fait qu’une photographie puisse être interprétée de manière subjective est effectif depuis longtemps (les photographies documentaires d’Atget, dans les mains des surréalistes, deviennent la preuve que de l’étrangeté du monde), la production d’une image subjective est un chantier juste ouvert à l’époque où Frank se met à l’explorer. La "photographie subjective" de Otto Steiner, dans les mêmes années, explore un versant formel de subjectivité, on y produit massivement des images abstraites. Frank quant à lui continue à se confronter au réel, au monde extérieur. Il part au Pérou en 1949, en France (1949-1952) (voir en fin de post), en Angleterre (Londres, 1951-1952, Pays de Galles en 1953), ensuite aux Etats Unis (à partir de 1954). Hearse and child, London (1951) Tramway - La Nouvelle-Orléans (1955) Ascenseur - Miami Beach Hotel (1955) Les Pères de la ville - Hoboken,New Jersey (1955) L’époque est un âge d’or de la photographie de reportage, l’homme occidental est confronté aux prémisses d’un monde globalisé qui se raconte dans les journaux et les grands magasine de reportage (Life, Paris Match par exemple). L’engagement politique des "grands reporters" y côtoie le désir d’objectivité, la photographie est célébrée pour sa capacité à générer de l’information autant que de l’impact émotionnel. Frank va participer d’un courant plus souterrain, mais aussi influent : la Beat generation. Contemporain de Jack Kerouac (auteur de la préface du célèbre les Américains), avec qui il prend la route en 1958, il partage avec cette génération d’après guerre le goût de l’errance et du spleen. Esthétiquement, les images de Robert Frank déstabilisent durablement la "belle image" en photographie. Son approche se veut aux antipodes de Cartier-Bresson et de son regard décisif, qui veut aligner "le coeur et l’esprit", ce qui signifie des images à la composition irréprochable et un sujet clairement exprimé. Toilettes pour hommes, gare de chemin de fer - Memphis, Tennessee (1955) US 90, en route vers Del Rio, Texas (1955) "un regard étranger", Paris (1949-1952) Chez Frank, l’instant de la prise de vue n’est comme jamais décisif. Il aurait pu avoir lieu avant, après ou même jamais. La composition de Frank est flottante, parfois même chavirante, et la matière de l’image même semble échapper au photographe. Grain, surexposition, sous-exposition, flou s’emparent de l’image pour nous faire perdre l’évidence de l’information au profit de l’impression d’un quelque chose qui se passe. Ses sujets sont comme des objets trouvés, glanés sur les routes et dans les rencontres fortuites du voyageur instable qu’il est. Toutes une batterie de techniques va être invoquée pour atteindre cet objectif : photographie en gardant l’appareil suspendu à la sangle, au niveau du nombril. Long temps de pose (1/15, 1/8), faible profondeur de champ, photographie au jugé, l’appareil tenu d’une main parfois à bout de bras. Au delà du risque de la photo ratée, Frank semble rechercher en outre le danger dans l’acte photographique : photographie brutale d’inconnus sans le moindre contact préalable, lieux hostiles, situations scabreuses. Ainsi ce bar dans le sud des Etats Unis où après lui avoir posé quelques questions sur sa présences, un sheriff lui demandera d’avoir quitté la ville dans l’heure. Baladé le long de la route 66, son oeil désabusé et ironique va glaner 24.000 images dont il tirera le livre "les américains" (1958), reçu tièdement par le public américain lui-même, un travail à retardement dont l’importance grandira avec les années. Un succès lui arrive pourtant dans le milieu photographique (un de ses mentor, Walker Evans, fera l’éloge de son travail et de sa capacité à produire un sentiment par l’image). Ce succès de milieu, au lieu de le conforter, le conduira à abandonner la photographie pour le cinéma. Son parcours en tant que cinéaste expérimental (1960-1975) ne connait pas la gloire, même quand il prend pour sujet Kerouac et la beat generation (Pull my daisy, 1959) ou les Rolling stones (Cocksucker Blues, 1972). Cette absence de reconnaissance ne semble pas le géner. Il me paraissait logique d’arrêter la photographie au moment où le succès venait. J’allais me répéter. J’avais trouvé mon style et je m’y étais installé, et j’aurais pu aller au-delà. En revanche, je n’ai jamais parfaitement réussi dans le cinéma, ça n’a jamais parfaitement marché. Et ça, c’est merveilleux. Il y a toujours du bon dans l’échec : ça vous pousse en avant. Il revient à la photographie en 1975, laminé par la vie. Il s’est séparé de sa femme Mary en 1969, sa fille Andrea meurt dans un accident d’avion en 1974, son fils Pablo, schizophrène, est interné (il meurt en 1994). Sa photographie est le reflet éclaté d’une vie de douleur, de spleen, d’isolement aussi. Frank vit à Mabou, une pointe enneigée du Canada, en communauté avec sa nouvelle compagne. Il revisite son passé vécu et photographié dans cette dernière phase de son travail, tout en faisant l’apologie des petits moments précieux que lui laisse sa vie : l’amitié, l’amour côtoient le regret et l’amertume. 4 AM Make love to me, Brattleboro VT, (24-12-1979) Gelatin Silver Print Polaroïds griffés et annotés, assemblages d’images anciennes et nouvelles, sa photographie quitte définitivement le canevas classique du tirage noir et blanc sous cadre. Images anciennes et nouvelles associées, photographies d’installations éphémères dans et autour de sa maison, mise en couleur sommaire à l’acrylique, surlignage, griffures, grattages, perforations. Mabou, Nova Scotia, (1977) Il réalisa jusque ces dernières années différents projets, comme des souffles courts, ainsi cette collection d’images du petit livre "Thank you", dans lequel il publie messages et photographies d’encouragement à vivre, envoyés par des fans anonymes ou des amis de longue date. Robert Frank a aujourd’hui tellement lié son travail à sa vie que les photographies qu’il reçoit ne se distinguent plus de celle qu’il pourrait faire. Une vie comme une oeuvre d’art totale, donc. Une oeuvre d’art totale et douloureuse. Sick of Goodby's, Mabou, (1978) (c) http://photonumerique.codedrops.net/Robert-Frank-33 -------------------------------------------- Robert Frank (1924 - 2019) : un photographe en liberté (Arles 2018) - Les Américains (1958) On doit à Robert Frank d’avoir associé et fait dialoguer photographie et poésie, littérature et peinture, initiant un langage qui affirme sa subjectivité tout en intégrant l’héritage de la photographie documentaire. Il est l’auteur d’un livre mythique, Les Américains (publié en France en 1958 - réédité en 2018), et d’une très importante production photographique et cinématographique. L’exposition "SIDELINES" présentée en Arles en 2018 proposait, entre autre, une grande partie des photographies du livre Les Américains. Robert Frank - Sidelines - Arles 2018 ------------------------------------------------- Le Paris de Robert Frank (1949-1952) ... ... et sa série de chaises -------------------------------- voir aussi : SIX CONSEILS DE ROBERT FRANK POUR FAIRE DE GRANDES PHOTOS
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30 mars 2020
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par Julien Foulatier | Juil 12, 2012 | © Boum! Bang ! Pour débuter cette article, consacré à la photographe Alice Springs, commençons par évoquer le problème rencontré lorsqu’il fallut glaner sur Internet des photographies réalisées par cette artiste dont le nom ne vous évoque peut-être que l’Australie. Et bien, une fois ces deux mots entrés sur un moteur de recherche, c’est bel et bien face à des clichés du désert australien que nous nous sommes retrouvés avec d’ici de là quelques photographies en noir et blanc. En effet, et c’est le leitmotiv de cet article, Alice Springs aussi connue sous le nom de June Newton, et femme de l’illustre Helmut Newton, semble avoir été comme éclipsée par le succès de son mari malgré une production photographique importante et de qualité. Offrons-lui donc quelques paragraphes pour remettre en lumière son travail remarquable. 1948 © Helmut Newton et Alice Springs, Autoportrait à l’Hôtel Pierre de New York, 1986 © Alice Springs. © Helmut Newton De son vrai nom June Browne, June Newton est née à Melbourne en 1923. Après des débuts en tant que comédienne de théâtre sous le pseudonyme de June Brunell, elle rencontre Helmut Newton alors que celui-ci travaille en Australie. Ils se marient en 1948 et June renonce progressivement à sa carrière sur les planches malgré un titre de meilleure comédienne de théâtre australienne qu’elle obtient en 1956. June, fraîchement installée à Paris avec son mari et ne parlant pas français, décide d’abandonner son premier métier et de se consacrer à un autre art qui lui tient à cœur: la peinture. C’est quasiment par erreur qu’elle devient photographe en 1970. Son mari alors au sommet de sa gloire est alité à cause d’une mauvaise grippe. Il a pourtant rendez-vous Place Vendôme à Paris pour réaliser les photos d’une campagne de publicité pour la marque de cigarettes Gitanes. June lui propose d’aller prévenir le mannequin et d’emmener l’appareil de son mari pour réaliser une photo à tout hasard… Helmut apprend donc à June à utiliser son outil de travail. Une fois cette photo de dépannage réalisée, elle est envoyée au client qui, quelques jours plus tard, fait parvenir un chèque aux Newton. Même si le chèque est adressé en toute logique à Helmut, June Newton est révélée. Alice Springs, photographie issue d’une campagne de publicité pour Gitanes, 1977 © Alice Springs. Suite à ce succès, June est contactée par José Alvarez, directeur d’une agence de publicité. Il lui passe plusieurs commandes pour Paris Pharmacies. Petit à petit, June, ou plutôt Alice Springs, fait sa place. Elle produit notamment plusieurs campagnes pour le Coiffeur Jean Louis David. Les héroïnes de ses publicités sont des femmes libérées, tantôt très masculines sur leur moto, tantôt très séductrices avec leur petit côté baby-doll et dans tous les cas épanouies et rayonnantes. Le goût du portrait et le style « Alice Springs » s’affirment. June reçoit également ses premières commandes pour réaliser les portraits d’artistes ou de comédiens de magazines comme Elle, Vogue ou Marie Claire. À la même époque, son mari est contacté par le magazine Dépêche Mode mais il est déjà sous contrat avec le groupe Condé Nast. Une fois de plus, June se propose de le remplacer au pied levé et ses clichés espiègles, énergiques et pleins d’humour sont acceptés. Elle devient alors une contributrice régulière du magazine et mène une carrière parallèle à celle de son mari. Alice Springs, photographie issue du magasine Dépêche Mode, années 70 et photographie issue d’une campagne de publicité pour Jean Louis David, années 70 © Alice Springs. © Alice Springs, photographie issue du magasine Dépêche Mode, 1971 © Alice Springs, photographie issue d’une campagne de publicité pour Jean Louis David, années 70 Année après année, la galerie de portraits de June s’agrandit en réponse à des commandes de Vanity Fair, Stern, Interview ou pour suivre des envies personnelles.  Son objectif croise le regard des plus grands créateurs de mode (Yves Saint Laurent, Givenchy, Versace, Lagerfeld, Rykiel, Westwood), des artistes (Mapplethorpe, Lichtenstein, Haring, Beuys, Hockney ou Ruscha) mais également des galeristes, des journalistes, des écrivains, des sportifs, des comédiens, des politiques, des chanteurs, des réalisateurs et toute une pléiade de stars, de starlettes, de jet-setteurs et d’intellectuels. Loin du gotha et des milieux arty, Alice Springs réalise également d’autres clichés: animaux du cirque, danseurs du Ballet de Monte Carlo, pilotes de Harley, nus féminins ou masculins, ainsi que des photographies érotiques rappelant l’univers fantasmagorique et sensuel de son mari. Malgré tout, celui-ci est et restera « la star » du couple. Elle assurera d’ailleurs pendant près de 30 ans la direction artistique de tous les ouvrages consacrés à son mari. © Alice Springs, Yves Saint Laurent et Hazel, 1978 © Alice Springs, Brigitte Nielsen, 1990 © Alice Springs, Pat, années 70 © Alice Springs, autoportrait Qu’il s’agisse de people, de proches ou d’illustres inconnus, June crée des œuvres intimes. Elle réussit à faire surgir l’aura et la puissance des personnalités qu’elle photographie et retranscrit sur le papier leur statut, leur caractère, mais également leurs faiblesses et leur vulnérabilité. Elle se concentre sur les visages par lesquels passent toutes ces émotions ainsi que sur les mains de ses modèles dont les positions racontent elles aussi une histoire. Ses mises en scène sont impeccables, un talent que certains attribuent à sa carrière d’actrice et qui est particulièrement flagrant dans ses portraits de couples ou de groupes. L’originalité de son style vient également de sa volonté de saisir l’inattendu et l’imprévisible. Loin de la photo documentaire, ses clichés laissent place à la spontanéité, un caractère intensifié par ses choix d’emplacement pour ses photos, des ateliers, des bureaux ou des villas dont l’architecture et la décoration révèlent encore d’autres traits de caractère de ses modèles. Aurait-elle brillé encore plus si son mari n’avait pas attiré toutes les lumières à lui? Serait-elle encore comédienne sans cette rencontre qui semble aujourd’hui déterminante dans sa vie? En tous les cas, son travail méritait d’être montré et découvert tant son talent est évident. Un talent que son compagnon a peut-être su révéler et non pas dissimuler mais qui malgré tout semble avoir été mis au second plan. Directrice de la fondation Helmut Newton à Berlin, inaugurée le 3 juin 2004, juste 6 mois après la mort d’Helmut, June s’attache à préserver et à diffuser l’œuvre de son mari sans pour autant faire une croix sur sa propre carrière. Une salle, la « June’s room » est consacrée à ses travaux et prouve qu’aujourd’hui encore cette grande dame de la photographie a accepté de s’effacer pour laisser toute la place au travail de celui avec lequel elle a partagé toute sa vie. © Alice Springs devant son portrait de Grace Jones réalisé en 1987
Dans l'ombre d'une lumière : Alice Springs content media
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26 mars 2020
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La petite Egyptienne, 1983. ©Sabine Weiss -------------------------------------- Sabine Weiss, un regard humaniste et plastique sur la ville de l'après-guerre. (c)culturebox.francetvinfo Sabine Weiss, "Marchande de frites", Paris, France, vers 1946-1948, Collection Centre Pompidou Paris On vivait beaucoup plus dans la rue Sabine Weiss fait partie du courant qu'on a appelé "humaniste" (avec Edouard Boubat, Willy Ronis, Robert Doisneau) de photographes qui s'intéressaient au quotidien des hommes et des femmes, sur lequel ils portaient un regard empathique et bienveillant. La photographe de 93 ans, toujours alerte, revendique cette appellation : "Parce que ce qui m'intéresse vraiment, ce qui me touche, c'est un petit vieux qui vient chercher sa petite vieille, une image où on sent la confiance. C'est la sensibilité : on voit l'indécision de l'un ou la joie d'un autre. C'est la seule chose qui me plaît vraiment." Un clochard est assis prostré sur une bouche d'aération qui fume. Du haut d'un mur, un voit une dame en chapeau jeter une pièce dans la casquette d'un clochard. Un autre clochard nous regarde en mangeant son casse-croute sur un banc. A une terrasse de bistrot, avenue de Versailles, un gros type hilare a étalé sur la table des volailles. Au marché aux puces de la rue Soufflot, une poupée et une casserole sont posées sur un papier journal à même le pavé. A l'époque "il y avait beaucoup de choses sur la rue", dit Sabine Weiss, en montrant une vendeuse de frites rue Mouffetard. "On vivait beaucoup plus dans la rue. Maintenant il n'y a pas un môme qui joue dans la rue, c'est complètement différent. Dans le temps il y avait une liberté… Les gens faisaient un tas de choses dans la rue. On n'avait pas les distractions actuelles comme la télévision. On sortait plus le soir." Sabine Weiss, "Place de la Concorde", Paris, France, 1953, Collection Centre Pompidou, Paris Une façon picturale de capter l'espace urbain En face de ces photographies de la "vie des villes", un aspect plus "formel" de son travail a été distingué, mis en valeur. "Pour moi-même ça a été une découverte, on ne met pas tellement en avant le fait qu'elle a un regard très plastique", confie Karolina Ziebinska-Lewandowska, qui a voulu insister sur cette façon "poétique et très picturale" de "capter l'espace urbain", avec tout un jeu sur la netteté, sur le contraste, sur la lumière. Une photo de trottoir parisien : des pieds marchent dans une mince couche de neige mouillée qui brille, pleine de traces de pas. "C'est drôle que je ne l'aie pas mise à la poubelle, je trouvais que ça n'avait aucun intérêt, commente Sabine Weiss. Ce sont des photos que je tirais pour voir ce que ça donnait mais que je n'exploitais pas. C'était resté dans des boîtes." Quand le Centre Pompidou a fait son choix dans les archives, "ils voulaient absolument des vintages alors on a sorti ces grosses boîtes. J'avais un peu peur mais après j'ai été très contente de leur choix. Il y avait quand même un œil très professionnel", s'amuse-t-elle. La plupart des images sont inédites, comme celle-ci. Quelques-unes sont très connues. Comme celle où une passante sous un parapluie, floue, monte sur le trottoir place de la Concorde. Mais on connaît la version recadrée de façon symétrique autour du personnage principal. On découvre là une version moins resserrée sur le personnage. "Je n'avais jamais sorti cette photo", précise Sabine Weiss. Sabine Weiss, "Bords de Seine", Paris, France, 1952 - Collection Centre Pompidou, Paris "Une belle ombre, une belle lumière" Des ombres de passants s'allongent sur la rue, trois pêcheurs dont on ne voit que les pieds se reflètent dans une flaque derrière eux. Des usagers du métro à contrejour montent les escaliers illuminés par le soleil du dehors. De la photo de "L'homme qui court" à perdre haleine sur le pavé parisien, entre deux rangées d'arbres, Sabine Weiss dit qu'elle est devenue célèbre parce qu'elle est "passe partout" et peut évoquer beaucoup de choses. On apprend que cette vue "très champêtre" a été prise près du pont du Garigliano en 1953, dans un coin aujourd'hui plein d'immeubles. Elle l'aime beaucoup "parce qu'il y a une belle ombre, une belle lumière… et en plus celui qui court, c'était mon mari", s'amuse la photographe. Sabine Weiss, New York, Etats-Unis, 1955, Collection Centre Pompidou, Paris A New York, elle a photographié "ce qu'on ne voyait pas à Paris" Son mari, c'est Hugh Weiss, un peintre américain qu'elle a épousé en 1950 et avec qui elle se rendait régulièrement aux Etats-Unis. Membre de Rapho, elle y est présentée à Charles Rado, fondateur de l'agence, "un petit Hongrois adorable", dit-elle, qui l'a introduite partout et l'a fait travailler pour toutes les revues américaines. "Pour les Américains, je n'ai pas du tout photographié ce que j'aime, j'ai photographié des gens très riches, très sophistiqués", mais, dit-elle, "c'était toujours un défi d'arriver à être à l'aise avec tout le monde, avec les clochards et les châtelains". Et puis Charles Rado lui a permis d'exposer à l'Art Institute de Chicago et au MoMA, de participer à l'exposition mythique "The Family of Man". Au Centre Pompidou, on peut voir quelques photos de rue prises à New York : "Là je photographiais tout ce qui m'étonnait, ce qu'on ne voyait pas à Paris", comme des paquets déchargés d'un camion et posés à même le trottoir. Les passagers du métro ou des New-Yorkais en imper et chapeau vus de haut. Sabine Weiss, "Enfant", Paris, France, 1952, Collection Centre Pompidou, Paris Les gamins de la porte de Saint-Cloud, "ma récréation" Il y aussi dans l'exposition un certain nombre de photos présentées en séquences ou en séries, pour rapprocher Sabine Weiss de la photo contemporaine. C'est dans cette section que se trouvent les gamins du terrain vague de la porte de Saint-Cloud, une joyeuse bande qui joue, rigole, grimpe aux arbres. Pour la photographe, qui a beaucoup travaillé pour la mode et la publicité, le terrain vague était ce qu'elle appelle sa "récréation". "J'habite porte Molitor et ça c'est porte de Saint-Cloud. Quand j'avais un moment ça me prenait cinq minutes d'y aller et je trouvais toujours des enfants, des clochards, des choses qui s'y passaient. J'aime beaucoup le contact avec les enfants, ça m'amuse". "Je faisais beaucoup de commandes mais j'étais contente parce que j'étais photographe, vraiment" : un métier difficile techniquement à l'époque, mais elle ne regrette pas de l'avoir choisi, "parce que ça a été varié et j'ai aimé". "Sabine Weiss, les villes, la rue, l'autre", aux éditions Xavier Barral Sabine Weiss, "Petit matin brumeux", Lyon, France, 1950, Collection Centre Pompidou, Paris -------------------------------------
Focus sur Sabine Weiss content media
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25 mars 2020
In Culture photo
"Je suis partie sans idée préconçue. Lorsque j’ai entrepris ce long voyage en Orient, j’ignorais que je deviendrais photographe. Je cherchais simplement à découvrir le monde et moi-même. En janvier 1964, je me suis donc retrouvée à Katmandu au Népal avec mon amie d’enfance Ariane Mnouchkine. Le premier jour, je fus ahurie de voir la Banque Nationale qui étalait ses pièces d’or par terre au marché ; cela m’a paru fabuleux et fou. L’hôtel minable où nous logions était plein de rats et de poux et nous avons vite décidé de partir pour un trekking en montagne. Nous avons quitté la ville à l’aube et je me souviens du froid glacial, de mon émerveillement devant l’architecture vernaculaire et de l’hospitalité des villageois qui nous permettaient de passer la nuit chez eux. Tout ceci je ne l’ai jamais oublié : la bouse de vaches qu’on mettait à sécher sur la façade des maisons, les oranges énormes qui se pelaient comme des mandarines, les caravaniers tibétains, avec leur joyeux sourire un peu moqueur et leur envie de nous toucher. Personne ne mendiait comme en Inde. Il n’y avait pas encore de « hippies » et les gens étaient étonnés de voir deux femmes seules.  » Mais où sont donc vos maris? » nous demandait-on régulièrement. J’ai le souvenir de la beauté partout, les visages, les paysages, les gestes, les objets usuels que je prenais tant plaisir à photographier: je n’avais jamais été aussi heureuse et libre. C’est en rentrant à Paris que j’ai montré ces images au bureau de « Time Life ». On m’a proposé de devenir stagiaire. J’ai senti que j’avais trouvé ma voie. J’allais devoir travailler beaucoup. J’allais devenir photographe." ------------------------------- « Une goutte d’eau dans la rivière, mais j’y crois. Pour être photographe, il faut un bon œil, le sens de la composition, de la compassion et un sens de l’engagement. » Martine Franck ------------------------------- Née à Anvers en 1938, Martine Franck grandit en Angleterre et aux États-Unis au sein d’une famille de collectionneurs. Polyglotte, étudiante en histoire des arts, férue de sculpture, c’est lors d’un long voyage en Orient en 1963 qu’elle découvre la photographie. De retour à Paris, elle devient photographe indépendante, après avoir été assistante de Gjon Mili et Eliot Elisofon, et collabore aux grands magazines américains, Life, Fortune, Sports Illustrated, le New-York Times et Vogue, avec des reportages et des portraits d’artistes. Elle participe à la création des agences Vu, puis Viva. Martine Franck vit également dès ses débuts l’aventure de la troupe du Théâtre du Soleil, avec son amie Arianne Mnouchkine qui avait partagé son voyage oriental. En 1970, elle épouse Henri Cartier-Bresson, artiste accompli, qui va l’encourager dans sa propre voie. Elle rejoindra plus tard, la coopérative Magnum, qui diffuse toujours son travail aujourd’hui. ------------------------------- FRANCE. Paris. Juliette BINOCHE (FRA), actrice. 1993. FRANCE. Var. Château de Vignelaure. Photographe français Jacques-Henri LARTIGUE. FRANCE. Paris. Jardins des Tuileries. Photographe français Willy RONIS. FRANCE. Orgeval. Le photographe américain Paul STRAND dans le jardin de sa maison. 1972. FRANCE. Paris. Marathon du Figaro. Vétérans du marathon "Cross du Figaro". 1979. ETATS-UNIS. Arizona. 1970. Chefs Navajo lors d'une conférence de presse pour protester contre l'ouverture d'une mine de charbon ouverte sur leur territoire Grand Palais. Exposition "Peintres de l'Imaginaire" d'oeuvres d'art symbolistes et surréalistes belges ----------------------------- Les photos ci dessus sont extraites des albums "portraits" et "le temps de vieillir" : https://pro.magnumphotos.com/C.aspx?VP3=CMS3&VF=MAGO31_10_VForm&ERID=24KL535XVA
Dans l'ombre de Cartier-Bresson : Martine Franck content media
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dbonnet.sud
25 mars 2020
In Culture photo
"Le véritable voyage ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux" (Marcel Proust). Des photos de voyages ? Seulement les photos d'un voyage au pays de l'imaginaire, sur les chemins de traverse menant aux frontières de l'absurde. Le détournement est systématique, attachez votre ceinture, le décalage est immédiat. L'un des maîtres d'Eric Droussent est, il le confesse, Chéma Madoz (1). "Lettre à Elise #2" "attraction magnétique" "complètement marteau" "décalage immédiat" "la grande évasion" "peinture à l'opéra" En(sa)voir plus : www.droussent.fr https://www.flickr.com/photos/129224774@N04/ (1) : Chéma Madoz (1958) :angles de réflexion, détournement d'objets (Arles 2014) http://www.chemamadoz.com/ https://www.instagram.com/chema_madoz/ Eric Droussent était présent aux rencontres de la photo de Chabeuil(26), sept 2019
à la découverte d'Eric Droussent content media
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dbonnet.sud
25 mars 2020
In Culture photo
"Sur les bords de la Baltique" --------------------- Étendue de sable blanc à droite, à gauche, à perte de vue. Un estuaire, une jetée coupent la plage au loin. Pas une ligne, pas une vague entre le ciel uniforme, le sable de la Baltique. Tout est calme et sérénité. On se promène pour le plaisir d'être à deux. On sort les enfants, l'air est pur et vivifiant. On est seul pour la contemplation. Vient la nuit. Jumula, derrière moi, est déjà endormie, si tôt ! Le ciel, en parfait fondu de lumière froide, plonge dans le Baltique. A peine un clapotis. Riga, loin à droite, invisible. J'observe, mais rien n'apparaît dans cette nuit, soudain étrangère, comme d'une autre planète. Ciel et mer ne fond qu'un, tout là bas. Noir profond. Je suis totalement absorbé par ce noir que je n'ai jamais vu. Je cherche l'horizon : il est d'un Noir Absolu. Expérience absolue. --------------------- Photos prises au Nikon D4 +15mm Irix f2,4 (https://irixlens.com/lenses/15mm/) Ciel et mer ne fond qu'un, tout là bas. Noir profond. Je suis totalement absorbé par ce noir que je n'ai jamais vu. Je cherche l'horizon : il est d'un Noir Absolu. Expérience absolue. Horizon Absolu Deniz ÇAKMUR était aux rencontres de la Photo - Septembre 2019 à Chabeuil (26)
à la découverte de Deniz Çakmur content media
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18 mars 2020
In Culture photo
ARTHY Mad ne se considère pas comme photographe, mais comme plasticien utilisant l’image. Ses tableaux photographiques tentent de présenter le monde de façon ouverte, poétique et décalée. "Je ne photographie pas ce que je vois. Je mets en scène ce que je suis, ce que je ressens, la façon dont j’appréhende le monde, les rapports humains, et l’imagine en tableaux photographiques, installations et performances. C’est pour cela que je me définis d’abord comme plasticien, puis comme photographe, la photographie étant à ce jour le meilleur médium que j’ai trouvé pour restituer mon travail. Je parle alors « d’installations photographiques poétiques et décalées »" ------------------------- La série SOLO interroge l'individu confronté à sa propre solitude, et, d'une manière plus générale, à la notion d'absence/présence. ​Une incitation à l'introspection : et si la solitude était la plus belle conquête sur soi-même ? - la solitude -  grâce ou malédiction ? ​Rapport à soi, à l'autre, aux autres, présence/absence ... SOLO est devenu délicieusement obsédant, comme faisant partie de moi-même, sans que j'en saisisse encore toute la signification. ​Bien au delà de la Solitude, SOLO parle d'Amour ... Arty Mad était présent aux rencontres de la photo à Chabeuil (26) en sept 2019 en savoir plus : https://www.arthymad.com/solo
à la découverte d'Arty Mad : plasticien photographe content media
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dbonnet.sud
18 mars 2020
In Culture photo
Voici quelques finalistes de cette compétition. Pour en voir plus et approfondir le sujet : https://www.lensculture.com/2019-lensculture-street-photography-award-winners Stray Dog (c) Sevil Alkan - Turkey We're not loners, we're just alone (c) Lionel Buffe - France Hidden in Siberia (c) Serge Medvedchikov - Russian F Secret Agents (c) Evelyne Zeltner - France The hands that built this city (c) Polly Tootal - United K The Killing Cycle (c) Arist Economopoulos - USA Coupe du monde (c) Kevin Fletcher - USA Un_accompanied (c) Alvaro Trincado Fernandez - Spain
A propos du Street Photography Awards 2019 content media
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